Aide pour la formation : les dispositifs de financement selon votre profil

Le financement d’une formation dépend de votre profil et du dispositif mobilisable.

  • France Travail propose six dispositifs selon votre situation.
  • Le CPF crédite 500 € par an, plafond 5 000 €.
  • Les demandeurs d’emploi sont exonérés des 150 € de participation CPF.
  • La RFFT rémunère les non-indemnisés jusqu’à 775,65 € par mois.
  • L’AIF couvre les frais pédagogiques si le projet est validé.
  • L’aide à la mobilité atteint 5 200 € par an sous conditions.

Comment financer sa formation : les aides France Travail

France Travail propose six dispositifs pour financer une formation ou en couvrir les frais annexes. Le bon dispositif dépend de votre situation : projet validé, fin de droits, embauche en vue ou simple contrainte de déplacement.

  • AIF (Aide individuelle à la formation) : couvre tout ou partie des frais pédagogiques, conditionné à un projet validé par votre conseiller.
  • RFFT : rémunère les demandeurs d’emploi non indemnisés, jusqu’à 775,65 € par mois pendant 3 ans maximum.
  • RFF : prend le relais en fin de droits, avec un plafond de 775,65 € par mois et une limite de 3 ans.
  • AFPR et POEI : financent une formation liée à un poste identifié, jusqu’à 400 heures (600 heures pour certains publics).
  • AFC : formation conventionnée pour un retour rapide à l’emploi, à temps complet ou partiel.
  • Aide à la mobilité : jusqu’à 5 200 € par an si la formation est à 60 kilomètres ou 2 heures de trajet minimum.

Quand solliciter l’aide à la mobilité

Cette aide couvre les frais de déplacement, d’hébergement ou de repas. La demande doit être déposée dans le 1er mois de la formation, avec un plafond d’indemnisation de 32,13 € par jour.

Complément CPF et publics concernés

Si vos droits CPF ne suffisent pas, France Travail peut abonder votre compte. Ces dispositifs s’adressent aux demandeurs d’emploi indemnisés ou non, ainsi qu’aux bénéficiaires de CSP, CRP et CTP. Un point commun : le projet doit être validé par un conseiller avant tout financement.

Le CPF : compte personnel de formation

aide pour la formation

Le Compte personnel de formation (CPF) est le dispositif le plus simple pour financer une formation à l’initiative personnelle. Chaque année, votre compte est crédité de 500 €, dans la limite d’un plafond cumulé de 5 000 €. Les publics fragiles (peu qualifiés, en situation de handicap) bénéficient d’un crédit annuel porté à 800 €.

Depuis avril, une participation forfaitaire de 150 € reste à votre charge lors de la mobilisation du CPF. Bonne nouvelle : les demandeurs d’emploi en sont exonérés. Le CPF reste d’ailleurs mobilisable pendant la période de chômage, et peut être abondé par France Travail, votre employeur, votre OPCO ou votre branche si vos droits sont insuffisants.

Avant de puiser dans vos droits, vérifiez que la formation visée mène à une certification professionnelle. Une fois le projet mûri, votre conseiller peut vous orienter vers des financements complémentaires comme l’AIF, sans quoi le CPF reste votre premier levier.

Quelles aides selon votre statut ?

Demandeur d’emploi, bénéficiaire RSA et jeune Île-de-France

  • AIF et AREF cumulables : l’Aide individuelle à la formation finance les frais pédagogiques, l’AREF assure un revenu pendant les heures de cours.
  • RFFT jusqu’à 775,65 € par mois : ouverte aux demandeurs d’emploi non indemnisés et aux bénéficiaires du RSA, dans la limite de 3 ans.
  • RJA 5 000 € en Île-de-France : pour les jeunes de 18 à 25 ans, versée sur 6 mois avec une rémunération de 520 € par mois et une prime pouvant atteindre 2 000 €.

Le profil de demandeur d’emploi ouvre droit à un éventail large : AIF, AREF, RFFT, AFC et aide à la mobilité. Un bénéficiaire du RSA peut cumuler RFFT, AIF et PEC (contrat de 9 mois minimum, 20 heures par semaine). En Île-de-France, les jeunes de 18 à 25 ans ciblant l’un des 11 secteurs en tension accèdent à l’aide régionale, plafonnée à 5 000 € sur 6 mois.

Salarié, indépendant et employeur

Un salarié mobilise d’abord son CPF, puis son OPCO et le plan de développement des compétences de son employeur, avec un reste à charge de 150 € sur le CPF (sauf abondement patronal). Le dispositif Pro-A permet une reconversion en alternance. Un indépendant s’appuie sur le CPF et son FAF de branche, qui peut abonder directement les droits inscrits.

Côté employeur, l’abondement du CPF est possible depuis septembre 2020, tout comme celui des branches professionnelles. Les dispositifs POEI, POEC, AFPR et AFC prennent en charge jusqu’à 400 heures de formation (600 heures pour certains publics) pour un poste identifié.

L’AIF (Aide individuelle à la formation)

L’AIF s’adresse aux demandeurs d’emploi inscrits à France Travail, qu’ils soient indemnisés ou non, ainsi qu’aux bénéficiaires d’un CSP, CRP ou CTP. Elle prend en charge tout ou partie des frais pédagogiques d’une formation, et peut intervenir en complément du CPF lorsque les droits acquis ne suffisent pas à couvrir le coût réel.

Pour en bénéficier, la formation visée doit préparer à une certification professionnelle éligible au CPF. Autre condition incontournable : le projet doit être validé par votre conseiller avant tout engagement de financement. C’est dans ce cadre que le conseil en évolution professionnelle (CEP) intervient pour structurer et sécuriser votre parcours.

Concrètement, l’AIF peut couvrir la totalité des frais pédagogiques ou seulement le reliquat restant après mobilisation de vos autres sources de financement, CPF en tête. Le montant attribué dépend de votre situation et du coût de la formation, et il est fixé après étude de votre dossier par votre conseiller France Travail.

Aides régionales et OPCO

Votre Région peut financer tout ou partie de votre formation via le Programme régional de formation (PRF), piloté avec la Caisse des dépôts. Concrètement, de nombreuses formations qualifiantes y sont proposées gratuitement aux demandeurs d’emploi, sans avance de frais. Renseignez-vous auprès de votre conseil régional pour connaître le catalogue et les conditions d’accès selon votre profil.

De leur côté, les OPCO (opérateurs de compétences) peuvent abonder directement votre CPF pour financer une formation liée à votre branche professionnelle. Votre employeur dispose aussi de cette possibilité depuis septembre 2020, tout comme les branches professionnelles. Un coup de pouce précieux quand vos droits CPF ne suffisent pas à couvrir le coût réel de la formation.

Enfin, pensez aux dispositifs liés à la pénibilité et à l’engagement citoyen : le compte professionnel de prévention (C2P) valorise 1 point pour 500 € de formation, tandis que le compte d’engagement citoyen (CEC) peut verser jusqu’à 720 € par an sur votre CPF. Des leviers méconnus qui méritent d’être activés.

POEI, POEC, AFPR, AFC : aides à l’embauche

Ces dispositifs répondent à une logique différente des aides classiques : ils financent une formation liée à un poste déjà identifié par un employeur. L’AFPR (action de formation préalable au recrutement) et la POEI (préparation opérationnelle à l’emploi individuelle) permettent de financer jusqu’à 400 heures de formation, un volume porté à 600 heures pour certains publics. Objectif : combler l’écart entre le profil du candidat et les exigences du poste avant la signature du contrat.

La POEC (préparation opérationnelle à l’emploi collective) cible quant à elle un groupe de demandeurs d’emploi sur des besoins repérés par une branche professionnelle. L’AFC (action de formation conventionnée) vise un retour rapide à l’emploi via une formation conventionnée par France Travail. Ces parcours se déroulent à temps complet ou partiel, en centre ou sur le poste, et se déclenchent lorsque les besoins du marché ne correspondent pas aux compétences disponibles.

Le réflexe utile : si un recruteur hésite sur une compétence manquante, parlez-lui de l’AFPR ou de la POEI. C’est lui qui en fait la demande auprès de France Travail, et la formation est prise en charge sans reste à charge pour le candidat.

AREF, RFFT, RFF : rémunération pendant formation

Pendant une formation, il faut bien vivre. Trois dispositifs principaux prennent le relais selon votre situation : l’AREF pour les demandeurs d’emploi indemnisés, la RFFT pour ceux qui ne le sont pas, et la RFF pour les formations vers des métiers en tension.

Dispositif Public visé Montant ou seuil Durée ou condition
AREF Demandeur d’emploi indemnisé Montant brut de l’ARE maintenu Formation de 40 heures minimum
RFFT Non-indemnisé ou bénéficiaire RSA 775,65 € par mois maximum Versement 3 ans maximum
RFF Formation vers métier en tension 775,65 € par mois maximum Métier en tension exigé

L’AREF : maintenir son allocation chômage

Si vous percevez l’allocation d’aide au retour à l’emploi, votre formation peut être indemnisée sous forme d’AREF, à condition qu’elle dépasse 40 heures et qu’elle soit validée par votre conseiller. Le montant brut versé correspond à celui de votre ARE, sans perte de pouvoir d’achat.

Un plancher net de 22,99 € par jour s’applique pour les allocataires dont l’indemnisation serait inférieure. Pensez à déclarer votre entrée en formation à France Travail pour éviter toute suspension.

La RFFT : une rémunération sans allocation chômage

La RFFT s’adresse aux personnes qui ne perçoivent pas d’allocation chômage, y compris les bénéficiaires du RSA. Le versement peut atteindre 775,65 € par mois pour une formation à temps plein, pendant 3 ans maximum. La demande se fait auprès de France Travail avant le début de la formation.

La RFF fonctionne sur le même plafond mensuel, mais uniquement pour les formations préparant à un métier en tension. Elle est également limitée à 3 ans de versement.